Partager l'article ! Le 4 Décembre 2011: J’aimerais parler du vent qui soufflait tellement fort que je n’arrivais pas à avancer. Dire aussi que mon compteur aff ...
J’aimerais parler du vent qui soufflait tellement fort que je n’arrivais pas à avancer. Dire aussi que mon compteur affiche 2188km. Que j’ai passé une demi-heure à nettoyer mon vélo au karcher et qu’il est prêt à reprendre la route. Que la chaîne est graissée. Parler de toutes ces banalités quotidiennes ont cessé d’avoir du sens quand, vers 13h45, j’ai poussé la porte d’un Mac Do.
Une douzaine de voitures faisaient la queue au Drive In. Assis à l’intérieur, quelques familles et de nombreux enfants tous âgés de 10/12 ans maximum. Un Mac Do à l’heure du repas de midi, un dimanche, rien de plus banal. Sauf, qu’ici, on est dans la préfecture de Fukushima. La centrale nucléaire n’est qu’à une quarantaine de kilomètres. Il suffit de prendre la route 6 pour y accéder, en temps normal, avant « le 11 Mars ». Dans ce Mac Do de zone commerciale, les enfants ont tous un dosimètre autour du cou. Tous le même, même couleur, dans sa pochette plastique.
Là, je pense à tous ces gens qui se battent pour le nucléaire. Je pense à N.Sarkozy et à son nouvel enfant. Je me demande s’il apprécierait que son enfant, dès la naissance, au lieu de mâchouiller sa Girafe Sophie, mâchouillait son dosimètre qu’il porterait autour du cou. La réalité des enfants de la préfecture de Fukushima, c’est ça. Je suis allé voir une famille, un couple avec trois enfants, deux garçons et une fille. Ils ont tous les trois, autour de leur cou, un dosimètre, et un masque en papier leur couvre les 2/3 du visage. J’explique au papa ma présence à Soma et lui demande si je peux prendre en photo ses trois enfants. Il accepte. Je les laisse prendre leur repas tranquillement et j’attends, dehors, sur le parking.
Sinon, tout va bien, la planète Terre tourne toujours. Sauf qu’un jour, elle tournera sans nous.
2188km au compteur